« Enquête de professions – De banquiers d’affaires à psychiatres, une semaine consacrée aux métiers dans « Sur les docks ».
Par Hélène Delye Publié le 11 mars 2014 à 13h02 – Mis à jour le 11 mars 2014 à 13h02
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Jean Oury, psychiatre, fondateur et directeur de la clinique de La Borde, dans le Loir-et-Cher. DR
Comme le souligne en préambule Mariannick Bellot, l’auteure du documentaire intitulé Banquiers d’affaires : je ne veux pas mourir le plus riche du cimetière, « c’est un métier où, par nature, absolument tout est confidentiel ». Alors, peut-être encore plus que d’autres, les banquiers d’affaires font l’objet de nombreuses idées reçues, particulièrement depuis la crise de 2008. On a parfois tendance à les confondre avec les traders surexcités du dernier film de Martin Scorsese, Le Loup de Wall Street.
Et on les imagine guidés par l’appât du gain, déconnectés de la réalité. Ils sont avant tout de fins stratèges, c’est vrai. Mais, en dehors des clichés et du fantasme, à quoi ressemble exactement la journée de travail d’un banquier d’affaires ? Et celle d’une banquière d’affaires ? Car il y a aussi des femmes dans cette profession ! Dans quelle mesure ont-ils conscience que l’argent qu’ils brassent et les entreprises qu’ils manient représentent aussi des ressources, de l’emploi, des personnes ?
Avec naturel et dextérité, la documentariste radio Mariannick Bellot (Prix Nouveau Talent radio de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques en 2009) interroge plusieurs hommes et femmes pratiquant la profession de banquiers d’affaires. Cela constitue le premier volet (diffusé lundi 10 mars) d’une semaine de « Sur les docks » consacrée aux métiers, réunissant quatre documentaires à la facture et aux approches bien différentes. Mais qu’ils s’intéressent aux banquiers, aux jeunes apprentis éleveurs, agriculteurs, menuisiers ou pâtissiers, aux dockers de Saint-Nazaire ou au travail du grand psychiatre Jean Oury à la clinique de La Borde, ces documents, tous passionnants à écouter, posent la question de l’activité professionnelle. Celle à laquelle on consacre la part essentielle de sa vie, celle qui nous définit parfois, nous construit, mais peut aussi nous détruire à la longue (écouter Pourquoi disparaissent prématurément les dockers, de Charlotte Bienaimé, diffusé mercredi 12 mars).
PSYCHOTHÉRAPIE INSTITUTIONNELLE Si le documentaire de Claire Pouly-Borgeaud (diffusé mardi 11 mars), consacré aux apprentis de la Maison familiale et rurale (MFR) de Saint-Germain-Lespinasse (Loire), représente un magnifique outil de réflexion sur la valeur des métiers et des savoir-faire manuels, celui de Jeanne Aptekman (diffusé jeudi 13 mars), centré sur la clinique de La Borde, brille aussi par son intelligence. Il donne la parole à deux grandes figures du mouvement de la psychothérapie institutionnelle : les psychiatres Jean Oury et Jean-Claude Polack. « On ne soigne pas un schizophrène en quinze jours. C’est un monde d’une complexité, d’une richesse extraordinaire (…). Les gens, c’est pas en les enfermant et en les attachant qu’on va les améliorer », précise Jean Oury, soulignant ainsi avec énergie et clairvoyance comment la question de la folie, à laquelle il a consacré sa vie, interroge notre société tout entière.
France Culture, « Sur les docks », du lundi 10 mars au jeudi 13 mars, à 17 heures.
Hélène Delye